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Les sources disponibles, et tout particulièrement " Le Canarien ", une chronique écrite par les moines qui accompagnaient les Normands, nous offrent un récit intéressant, mais qui a aussi suscité diverses polémiques au niveau historiographie et philologie. Si nous nous en tenons aux informations qui y apparaissent, l'objectif des Normands aurait été, à tout moment, une occupation pacifique et une colonisation concertée avec les autochtones. Et il semble que, en effet, au départ, cette bonne disposition permit de formaliser, de façon implicite ou explicite, un " pacte de cohabitation ". Cependant, les différends entre les dirigeants ainsi que l'ambition nourrie par d'autres cadres de l'expédition brisèrent cet équilibre extrêmement fragile et compliqué, ce qui entraîna des conflits, l'esclavage indigène et des tensions entre les étrangers. Finalement, une conversion plus ou moins forcée permit d'entamer véritablement, à partir de 1404-1405, l'étape du domaine normand à Lanzarote, Fuerteventura et El Hierro. De cette rencontre nous sont parvenus quelques restes archéologiques et des constructions fort significatives, telles que les Puits du Rubicon et les inscriptions que les autochtones laissèrent sur leurs murs. Il s'agit, d'après certains investigateurs, d'inscriptions berbères, alors que pour d'autres, ce serait plutôt des " registres " libyens ou carthaginois. Un débat pas encore tranché, en attente de l'achèvement des travaux de fouille en cours aux ruines de San Marcial du Rubicon. |